Comment devenir micro-entrepreneur en étant au chômage ?

Trouver un emploi salarié en temps de crise, dans le secrétariat ou le télésecrétariat de plus, est loin d’être évident. Beaucoup de personnes se découvrent ainsi l’âme d’entrepreneur pour monter une entreprise et le choix le plus associé à ces créations où l’on démarre seul est la micro-entreprise. Mais si certains voient dans la période de chômage une opportunité pour créer leurs propres jobs, d’autres utilisent ce régime pour des raisons diverses, parfois par dépit. Il faut savoir que le chiffre d’affaires cumulé des auto-entrepreneurs est souvent évalué comme très réduit. Mais ceci est tout à fait logique si l’on prend l’essence du projet initial qui consistait à favoriser la création d’entreprise en complément d’une activité salariée.

Cela dit, démarrer en auto-entreprise peut consister un bon moyen de rebondir dans la mesure où le demandeur d’emploi recommence à faire des démarches, qu’il n’est pas non plus trop surchargé de contraintes administratives bien qu’il ne faut pas oublier qu’une autoentreprise reste une entreprise, avec un SIRET, des démarches déclaratives, des règles sociales et fiscales. Hum, toujours motivé(e) ? Allons voir en détail.

Les bases d’une auto-entreprise pour un demandeur d’emploi ou non

Quel que soit votre régime social au moment de la déclaration d’activité, en créant votre auto-entreprise, vous n’avez pas besoin de capital. Pas besoin de capital comme dans le cadre d’une société implique toutefois d’avoir des besoins de trésorerie tout de même. Nous vous invitons à découvrir ici comment calculer le BFR d’une entreprise. Et si la notion d’investissement n’est pas applicable dans la mesure où on ne crée pas une société ou entreprise individuelle, des besoins matériels peuvent être importants à budgéter au risque de se retrouver le bec dans l’eau aux premières prestations. L’avantage indéniable pour un micro entrepreneur est qu’il ne paye des charges qu’au prorata du chiffre qu’il déclare et qu’il ne déclare pas de TVA.

Mais fondamentalement, cette différence avec l’entreprise individuelle s’arrête là d’autant que certaines Entreprises Individuelles ou même sociétés aussi peuvent bénéficier d’une franchise de TVA, cela dépend de l’activité. Notez que certains recruteurs, en fonction du métier n’apprécieront que modérément ce type d’initiative (bon ça c’est affaire culturelle), ensuite si vous faites vraiment du chiffre, vous devez le faire en respectant les règles d’engagement et de contractualisation classiques. En d’autres termes, droit des sociétés, droit de la consommation, etc. s’appliquent aux entreprises et donc aux auto-entreprise. De même, gérer un portefeuille de clients est une pratique que vous ne maîtrisez peut-être pas de manière innée. Enfin, tester en microentreprise, c’est se couper potentiellement d’un montage financier plus ambitieux et profitable si c’est tout à fait réalisable. Les aides sont de moins en moins reconductibles pour les entrepreneurs qui se développent !

Le vrai bon conseil pour se lancer seul ou en société est toujours : Je peux m’emparer d’un marché rentable, j’investis et suis prêt à solliciter des financements et je prépare mon plan de financement pour atteindre mes objectifs.

Démarches préalables vis-à-vis du pôle emploi pour entreprendre en micro-entreprise

Vous avez un projet de création d’entreprise, dans le télésecrétariat ou toute autre activité et vous êtes demandeur d’emploi ? Tournez-vous vers le Pôle Emploi référent pour comprendre les aides auxquelles vous pouvez prétendre mais aussi parce que c’est obligatoire. En effet, toute reprise d’activité doit être précisée et ici, mieux vaut le faire avant toute déclaration. C’est l’article L-5411-2 du code du travail qui l’exprime :

Les demandeurs d’emploi renouvellent périodiquement leur inscription selon des modalités fixées par arrêté du ministre chargé de l’emploi et la catégorie dans laquelle ils ont été inscrits.

Ils portent également à la connaissance de l’institution mentionnée à l’article L. 5312-1 les changements affectant leur situation susceptibles d’avoir une incidence sur leur inscription comme demandeurs d’emploi.

source : LégiFrance

Les changements de situations impactent notamment vos indemnités et votre situation de demandeur d’emploi. Si vous êtes indemnisé(e); l’ARCE pourra potentiellement être activable, de même parfois qu’un maintien partiel des allocations (C’est le cas également pour les bénéficiaires du RSA). Songez également impérativement à solliciter l’ACCRE avant de vous inscrire, en tous cas, après c’est dans les 45 jours maximum. L’ACCRE pour Aide pour les chômeurs créateurs ou repreneurs d’entreprise est une vieille aide toujours en vigueur qui vous permet d’obtenir une exonération partielle des charges. Notez qu’elle est parfois nécessaire aussi pour obtenir d’autres aides.

L’ACCRE est possible pour :

  • les demandeurs indemnisés, bénéficiaires de l’ARE, ou susceptibles de l’être,
  • Les bénéficiaires de l’ASS, du RSA (ou de leur conjoint), et de l’allocation temporaire d’Attente (ATA),
  • les demandeurs d’emploi non indemnisés mais ayant été inscrits à Pôle Emploi six mois sur les dix-huit derniers mois,
  • à d’autres catégories de personnes selon l’article L6312-1 du code du travail.

Ce n’est pas une diminution des charges dont vous bénéficiez en micro-entreprise, mais d’un différemment de celles-ci.

Pensez à vérifier selon votre statut social, matrimonial et patrimonial les autres aides possibles. Pensons également au cas de handicaps qui donnent la possibilité d’avoir des aides complémentaires.

Où s’inscrire après avoir averti le Pôle Emploi ?

Dans le CFE (Centre de formalité des entreprises) compétent ou bien sur le portail que voici : https://www.lautoentrepreneur.fr/

Nous vous invitions toutefois à ne pas créer seul(e) et à solliciter les conseils de professionnels de la création d’entreprise, l’article présent ne vous dévoile pas toutes les ficelles pour solliciter aides et maintiens d’allocations par exemple.

Les alternatives pour entreprendre sereinement

C’est à étudier pour chaque cas mais un demandeur d’emploi peut aussi envisager de créer sa propre activité en portage salarial ou en couveuse d’entreprise par exemple. Le CAPE de la couveuse est notamment parfaitement adapté aux situations sociales variables. Consultez des professionnels au moins pour faire un choix entre les statuts. En portage salarial, vous devenez à nouveau salarié, ce qui nécessite là encore le fait d’avertir le Pôle Emploi ; En couveuse, le lien est fait également avec le professionnel qui vous accompagne mais vous devriez pouvoir par exemple garder le maintien de vos indemnités. Dans tous les cas, contactez votre Pôle Emploi.

[Total : 1    Moyenne : 5/5]