Qu’est-ce que le BFR ou Besoin en fonds de roulement, comment le calculer ?

Vous êtes sur le point de préparer un plan de financement pour votre future entreprise à présenter aux banquiers, aux plateformes d’aides et d’accompagnement, ou tout simplement vous souhaitez étudier un peu plus en détail vos besoins de trésorerie . Le BFR ou besoin en fonds de roulement est l’une des notions les plus essentielles à appréhender pour un chef d’entreprise.

Définition du BFR (Besoin en Fonds de Roulement)

Par définition, le BFR représente le montant qu’une entreprise doit financer pour couvrir un besoin naturel résultant d’un décalage des flux de trésorerie inhérent aux décaissements et encaissements réalisés lors de son activité. Ces encaissements et décaissements sont appelées le plus généralement recettes et dépenses à court terme. Le BFR est en effet une notion relative aux cycles courts de l’entreprise qui s’intégrera nécessairement dans un plan de financement.

Parmi les recettes, on pense bien sûr aux encaissements du fait de ventes auprès de clients qui par défaut deviennent des créances. Mais pour les activités de types industrielles, les stocks de matières et les produits finis et encours sont également une forme de besoin : Les stocks de matières sont réglés mais pas encore produits, les produits finis ne sont pas encore vendus.

En ce qui concerne les dépenses, considérées ici comme des dépenses à venir (une dette fournisseur est une ressource puisque ce n’est pas encore réglé), toutes les activités sont concernées. Le fait de payer ses fournisseurs à 30 ou 60 jours fin de mois impacte donc largement la réduction du Besoin en fonds de roulement.

3 types de BFR possibles

En fonction de l’activité de l’entreprise, il est possible de repérer 3 types de Besoins en fonds de Roulements :

  • Le BFR Positif est probablement le cas le plus fréquent. Les besoins (par exemple les créances clients pour un télésecrétariat payées fin de mois pour la prestation) sont supérieurs aux ressources. Le montant dégagé est donc supérieur à 0. En comptabilité, on parle d’emplois d’exploitation supérieurs aux ressources de même nature. L’entreprise, pour répondre à ce besoin doit utiliser des ressources complémentaires qui peuvent provenir cette fois-ci de son Fonds de Roulement, voire de dettes financières à court terme (des découverts bancaires ou des facilités de caisse par exemple).
  • Le BFR Négatif est un cas beaucoup plus rare mais tout à fait connu dans le domaine de la grande distribution. Les emplois sont inférieurs aux ressources. Ce type de cycle court permet donc de financer entièrement les besoins et d’améliorer la situation nette de la trésorerie de l’entreprise. Celle-ci, structurellement excédentaire permet notamment de proposer d’autres services et de financer des activités complémentaires. Les organismes de crédits proposés par certaines grandes entreprise de la distribution sont en partie existants du fait de cet excédent.
  • Le BFR nul ou neutre est une situation d’équilibre entre les emplois et les ressources. Aucun excédent financier donc mais pas de nécessité non plus d’utiliser des découverts.

Comment calculer le BFR ?

On peut légitimement se poser la question du moment où il requiert la nécessité de calculer celui-ci. Dans le cadre de la création d’une activité (un télésecrétariat médical par exemple), il convient de mettre en place un prévisionnel et donc d’estimer cet investissement dans le cycle d’exploitation au niveau maximum. En théorie, votre chiffre d’affaires est censé augmenter ; Exploitez donc les données de fin d’année ou éventuellement lors des pointes d’activités saisonnières. Pour cela, vous avez besoin dans tous les cas :

  • Des stocks de matières dont l’entreprise aura besoin de disposer à tout moment, en tenant compte des délais d’approvisionnement et des contraintes éventuelles de fabrication, du niveau d’activité ;
  • Des stocks d’encours qui pourront être déterminés en fonction de la durée du cycle de fabrication mais aussi des coûts de production déjà imputables comme la main d’œuvre, l’énergie et quelques coûts externes ;
  • Les stocks de produits finis nécessaires pour faire face à la demande ;
  • Le montant des créances clients en attente de règlement évaluées en TTC (Comprenez ici que le Chiffre d’affaires augmentant, celles-ci sont plus importantes) mais aussi du délai moyen de paiement (soyez large là aussi) ;
  • Du montant des dettes fournisseurs évaluées TTC également et du délai de paiement imposé par ceux-ci.

La formule de calcul issue de ces données est donc :

Besoin en Fonds de Roulement = Stock moyen HT + Encours moyens des créances Clients TTC – encours moyens dettes fournisseurs TTC

Exemple de calcul du Besoin en fonds de roulement

Premier exemple : Mettons que votre permanence téléphonique réalise pour notre exemple ces différents chiffres alors que vous êtes assujetti(e) à la TVA (Ceci est un exemple simple où les stocks de matières sont écartés) :

  • un chiffre d’affaires annuel de 100000 € HT et que les délais de règlement moyen de vos clients est de 45 jours (Peut-être contractuellement 30 jours mais il vaut mieux être prudent(e)) ;
  • Dettes fournisseurs  : 70000 €HT avec un délai de paiement à 15 jours – Le taux de TVa est de 20%.

La formule sera : ((100000 x 1,2 x 45)/360) – ((70000 x 1,2 x 15)/360)

soit : 15000 – 3500 = 11500 €. D’où la nécessité de bien négocier les délais de paiements fournisseurs et clients ! Pensez également à intégrer la notion d’acompte à signature du devis pour réduire les délais de ces besoins. Notez également ici que vous devez sondez aux dettes fournisseurs mais également, un peu plus longues, aux dettes sociales (URSSAF…). Dans les activités de prestations de type intellectuelle comme le télésecrétariat, on intègre également la notion de travaux en cours que l’on essaye de budgéter comme un volume de charges courantes nécessaires en permanence pour réaliser les prestations.

Deuxième exemple : Avec une entreprise de type industrielle pour comprendre la théorie dans toute son étendue vue plus haut.

L’entreprise a un chiffre annuel de 450000 €HT (notez que vous pouvez faire la même chose sur des durées plus courtes si vous disposez d’un accès comptable aux flux). Le délai de paiement est de 90 jours (le maximum légal et 60 jours fin de mois ; parlons dans ce cas de 90 jours).

Les achats à l’année sont de 200000 €HT avec un délai de paiement à 60 jours – TVA découpée de cette manière :

  • 50% du montant à 5,5%,
  • 50% du montant à 20%.

Stocks nécessaires pour la production : les matières premières sont évaluées à 20 jours d’achat et les produits finis à 15 jours de vente.

Le calcul est alors le suivant pour les besoins :

Stocks de matières : ((200000 x 20)/360) = 11111 €

+ Stocks de produits finis : ((450000 x 15)/360) = 187500 €

+ Créances clients ((450000 x 1,2 x 90)/360) = 135000 €

Total des besoins : 333611 €

Pour les ressources, il nous faut prendre en compte la TVA à 5,5% et la TVA à 20% :

((((200000 x 50%) x 1,05%) x 60)/360) = 17500 €

+ ((((200000 x 50%) x 1,20%) x 60)/360) =20000 €

Total des ressources du cycle : 37500 €

Au final, le BFR de cette société est donc : 333611 – 37500 = 296111 €

La lecture du BFR par le bilan de l’entreprise

Si vous disposez de bilans, notamment dans le cas de la reprise d’une entreprise, vous pourrez avec intérêt vous intéresser à la notion de Fonds de roulement. Celui-ci a pour vocation de couvrir les besoins en fonds de roulement pour éviter de vous obliger à des facilités de caisse ou des découverts toujours corrélés de frais d’intérêts bancaires.

Le plan de financement regroupe l’ensemble des besoins et des ressources dites durables. En chiffrant les investissements nécessaires ou réels de l’entreprise, vous pourrez y associer des ressources financières stables (de type Capital, Emprunt Bancaire, réserves, compte courant d’associé) et voir dans quelle mesure ce Fonds de roulement couvre les parties de l’actif au bilan.

Le Fonds de Roulement net global correspond aux Capitaux permanents – les actifs immobilisés.

Comment financer son BFR au démarrage d’activité ?

Il vous faut impérativement prévoir un chiffre d’affaires. Ce chiffre d’affaires prévisionnel vous permettra d’estimer vos besoins à partir des délais de paiements fournisseurs et clients, de vos besoins de stocks si vous êtes dans ce cas.

Pour le financer, plusieurs solutions s’offrent donc à vous : Le financement bancaire étant délicat sur la question, bien que cela reste possible à expliquer à votre banquier concilient, vous vous tournerez volontiers vers la mise sur la table de fonds propres sous forme de capital et de compte courant et au besoin de découverts bancaires. Cette attitude très gestionnaire doit vous permettre de couvrir vos besoins en trésorerie (l’excédent apparaissant dans la partie gauche du bilan, à l’actif).

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